Quinquennat, Acte Deux : le pari de l'Audace face au défi social et économique.

Contribution des Nouveaux Partisans, Les jeunes socialistes rénovateurs, pour le CN du MJS de juin 2014.

Après deux années de pouvoir, la Gauche a déçu. Malgré de courageuses réformes et un volontarisme affiché pour la défense de l'emploi, le Gouvernement a subi de sérieux revers lors des élections municipales et européennes.

 

La montée du Front National comme premier parti aux élections européennes au soir du 25 mai,démontre bien la fracture entre la France centrale, des villes et métropoles qui concentrent emplois et redressement économique tout en imposant de nouveaux standards sociaux, et la France périphérique, des banlieues et des campagnes,marginalisées et abandonnées des services publics, accueillant toujours les plus précaires, quand les mieux protégés demeurent en ville.

 

Le 25 mai aura démontré aussi l'image déplorable de la Droite républicaine, tourmentée dans ses contradictions internes et de son refus de faire le bilan de dix années au pouvoir. La division de l'UMP, tour à tour pour l'Europe, contre l'Europe, et enfin pour une Europe « française », dans lequel il ne reste plus qu'elle, puisque considérée comme le noyau dur de l'Union européenne, a montré que l'opposition 

dans la Vème  République n'est pas capable de véritablement peser de manière constructive dans le débat public dès qu'une élection arrive.Les affaires internes faisant le reste, l'électorat républicain ne peut que déconsidérer le parti gaulliste.

 

Quant à la Gauche, incapable de se réunir, elle n'a pu présenter un front uni des progressistes et républicains pour incarner l'espoir du changement en Europe et la confiance envers les politiques locales des municipalités de Gauche sortantes ; elle aussi étant tiraillée par des contradictions internes.

 

Deux ans après les victoires de la Gauche à la Présidence de la République et à l'Assemblée nationale, a commencé cet Acte Deux du quinquennat. Le nouveau Gouvernement et son Premier ministre, Manuel Valls, veulent démontrer leur capacité à mener les réformes, dans un élan retrouvé, considérant que les résultats électoraux démontrent une impatience des Français.

 

Dès lors, on accélère les réformes. Mais dans sa course contre la montre et l'opinion, la Gauche sociale-démocrate confond accélération et précipitation. Elle confond l'action réformatrice et les effets d'annonce.

 

Dans cette course contre les déficits, contre le chômage, contre la stagnation de l'activité économique, le Gouvernement semble perdre de vue ce qui faisait sa force il y a deux ans : sa promesse de Justice sociale et de préservation de l'égalité entre tous les Français.

 

Ce n'est pas parce qu'il rechigne à l'effort que le peuple de Gauche est démoralisé, mais c'est bien parce qu'il voit que le Gouvernement, au lieu de l'unir, de défendre ses intérêts face à la rente et à la spéculation, semble au contraire accentuer la fin des services publics, et par là même l'inégalité entre les citoyens.

 

Pourtant, ce Gouvernement se bat et mène plusieurs batailles courageuses et nécessaires au bénéfice de tous. Le mariage pour tous; la loi sur la consommation et les recours collectifs ; la réforme pénale pour lutter contre la récidive ; la loi Alur et la constitution de la garantie universelle des loyers ; la bataille du Made in France et l'instauration des contrats de filières industrielles pour promouvoir le savoir-faire des salariés et des entreprises ; la création des zones de sécurité prioritaires pour lutter plus efficacement contre la délinquance ; la réforme des rythmes scolaires pour permettre aux enfants d'être dans de meilleures dispositions pour apprendre ; le débat sur la transition énergétique et le renforcement des énergies renouvelables dans le mixé énergétique, ouvrant la voie à de nouvelles formes de production et de consommation d'énergie ; etc.,... Tous ses exemples sont autant de réussites pour la Gauche, au service des plus démunis et des plus faibles de nos concitoyens, dans l'optique du redressement économique et social de notre  industrie.

 

Ces avancées ne suffisent pas néanmoins à répondre au paradoxe contemporain, à savoir le devoir impérieux de mener une action puissante en faveur l'emploi, qui oblige à plus d'investissement public, tout en diminuant les déficits,  ce qui au contraire impose de maîtriser la dépense publique.

 

Mais là où la social-démocratie devait assurer l'équilibre entre le capital et le travail, la mondialisation des échanges permet au premier de se trouver en position de force sur le second ; et le Gouvernement, alors qu'il devrait rééquilibrer la balance, semble prendre acte de cet état de fait et  mène la bataille de la compétitivité offre, en faisant un pari audacieux, mais contre-cyclique. Car où est par exemple la compétitivité lorsque le salarié Français est mis en concurrence avec le salarié Vietnamien ? Où est la compétitivité lorsqu'une entreprise Française doit respecter des normes européennes exigeantes alors que ses concurrentes à l'international n'y sont pas soumises ? Où est enfin la compétitivité lorsque jusqu'à cette semaine, le seul objectif de la Banque Centrale Européenne était d'empêcher l'inflation, contribuant à la récession européenne et paradoxalement à faire advenir une possible déflation, alors que les autres Banques Centrales agissent quotidiennement en faveur de l'emploi dans leur zone monétaire ?

 

Le Gouvernement a encore trois ans pour mener les réformes dont la France a besoin. Mais pour réussir, il doit avoir le courage de se recentrer, fermement et audacieusement, sur ce qui fait la force du pays : la Solidarité, la Créativité et la République.

 

En effet, en assurant la cohésion sociale, en promouvant la coopération des forces vives,comme par exemple l'Alliance des forces productives mise en place au ministère de l'Economie et du Redressement productif, la France montrera à ses citoyens que les tâches sont justement réparties. En ayant le courage de repenser la politique sociale, de repenser la place des partenaires sociaux dans notre processus démocratique, nous pourrons assurer non plus la lutte des intérêts et des égos dans des guerres de postures conduisant forcément à des impasses, mais bien la coopération de tous les partenaires, conscients d'œuvrer dans un but commun : celui de la prospérité économique de nos entreprises, en offrant de nouveaux droits aux travailleurs. Enfin, en œuvrant pour le maintien du Service public, pour qu'il soit homogène et efficace sur tout le territoire, l'État garantira sa promesse Républicaine de ne laisser personne sur bord du chemin,de permettre aux individus de pouvoir se distinguer uniquement grâce à leurs compétences et leur mérite, sans népotisme ni tricherie sociale.

 

De même, c'est parce que les citoyens seront amenés à mieux coopérer, à mieux partager et échanger qu'ils pourront développer des idées neuves, les voir se concrétiser et aboutir. Parce qu'on aura donné à tous une chance de pouvoir réussir,l'imagination et l'inventivité de nos concitoyens contribueront à remettre au pays son rang parmi les grandes nations compétitives. Les entreprises innovantes, disposant de salariés imaginatifs et inventifs, pourront se mettre en pointe dans les marchés internationaux.

 

Ainsi, une France qui est solidaire, qui croit en le potentiel de chacune des personnes qui y vit, remplira la mission de la grande République : celle des Révolutionnaires de 1792, celle des Communards de 1871, comme celles des Républicains depuis 1879. L'État qui assure la Justice sociale ; qui contribue à la coopération des citoyens envers des but communs ; qui sait que la Démocratie est un bien précieux qu'il faut protéger et sans cesse améliorer ; qui est en mesure de proposer une réforme d'ampleur de son système représentatif et de sa démocratie, sans jamais tomber dans les excès des postures d'appareils archaïques, des populismes et des extrémismes.

 

Solidarité, Créativité et République, voilà ce qui fera de l'Acte Deux du Quinquennat une réussite, et permettra de démontrer aux Français que la Gauche, audacieuse et fière de ses valeurs, est capable de faire face aux défis contemporains, tout en garantissant à chacun sa place dans l'entreprise, dans la société, dans l'Europe et dans la Cité.