Penser le Futur, agir maintenant !

Contribution des Nouveaux Partisans au XIème Congrès du Mouvement des Jeunes Socialistes

Après dix ans de droite au pouvoir, la victoire électorale des forces de gauche au printemps 2012 était attendue comme un gage d'espoir. Il fallait remettre notre nation sur les rails de la prospérité 

économique, de la justice sociale et de l’émancipation culturelle. 

 

Durant la première année du mandat, le Gouvernement avait la lourde tâche de redresser le pays portant encore les stigmates des fractures du sarkozysme. Fracture sociale, puisque le dialogue social avait été ridiculisé ; fracture économique, puisque la France se retrouvait avec un déficit record et une industrie moribonde ; fracture politique puisque les années 2002 à 2012 n'auront été que surenchère entre la droite parlementaire et l'extrême droite, au point de fissurer la cohésion républicaine. 


Pourtant, malgré le bilan désastreux de la droite, la comparaison des deux gouvernements ne suffira pas à rendre populaire la majorité actuelle. Peu à peu, les Français sont décontenancés, voire résignés face au sentiment de déclassement devant lequel la classe politique semble impuissante. Le pouvoir d’achat s’est détérioré. La crise mondiale entraîne en France une augmentation du chômage. La monnaie européenne perd de sa légitimité, car son niveau trop élevé favorise la rémunération du capital, plutôt que la croissance. Conjointement, cette manne financière préservée ne profite que trop peu aux citoyens et aux PME, aux vues de la frilosité des banques à prêter et de leurs frais trop souvent exorbitants. 


Toutefois, après plus d'un an au pouvoir, les socialistes ont de quoi être fiers des premières mesures du Gouvernement. Le Contrat de génération, la garantie jeunes pour accompagner les plus précaires, l'augmentation de 25% de l’allocation de rentrée scolaire, le remboursement de l’IVG à 100%, la pilule gratuite pour les jeunes, les 150 000 emplois d’avenir créés, les 60 000 postes créés dans l’Education nationale, sont autant de mesures qui ont pour premiers bénéficiaires les jeunes. De même, l’expérimentation du RSA pour 100 000 jeunes de moins de 25 ans va également mettre fin à une injustice qui condamnait de nombreux jeunes sans emploi à la précarité ou à la dépendance familiale. 


Le Président de la République avait affirmé que son action serait tournée vers la jeunesse, le 

Gouvernement en a aussi fait la démonstration dès sa première année de mandat. 


Le Mouvement des Jeunes Socialistes peut être fier de ces avancées, comme de celle pour l'égalité entre tous les couples d'accéder s'ils le souhaitent au mariage, grâce à l'adoption du mariage pour tous. Le MJS peut également être fier des efforts entrepris pour le redressement productif et la recherche d’une politique industrielle volontaire qui, passant par la compétitivité de nos entreprises, sera le pas solide vers la résorption du chômage. 


Pour autant, le Mouvement des Jeunes Socialistes ne doit pas rester un simple spectateur dans 

l'action menée par la Majorité. Au contraire, il doit, à la fois, être un relai du projet de la majorité et un relai indéfectible de la cause populaire. 


Le MJS doit se remettre en ordre de marche, non pas seulement pour les prochaines échéances 

électorales, et n'être que la force d'appoint de nos aînés, mais bien pour reconquérir le terrain de 

l'opinion et des idées, aujourd'hui pollué par les discours populistes et démagogiques de la droite, de la droite extrême et de l'extrême droite. Alors que le Gouvernement est pris dans son agenda, et pendant que la droite se reconstruit sur les décombres du Sarkothon, l'extrême droite, patiemment, creuse son lit et attend son heure. Les exemples des législatives partielles perdues par le Parti Socialiste sont autant de coups de semonce qui démontrent que malgré nos réussites, les Français ne voient pas l'horizon s'éclaircir. 


Le Mouvement des Jeunes Socialistes doit être à l'avant-garde de cette bataille et doit la mener sur tous les fronts, qu'ils soient locaux, nationaux ou européens. Ainsi, il doit se trouver au cœur de la société, aux côtés de toutes les forces militantes et de la société civile. A leurs côtés, il doit lutter afin de contribuer à la réussite des combats collectifs pour la transformation de la société et 

l'épanouissement de l'individu. Le MJS doit porter son regard sur le long terme et sur l'avenir de la société. 


I) Un MJS au cœur de la société et des préoccupations sociales 


Notre organisation militante doit se repenser de l'intérieur et permettre l'émergence d’idées 

nouvelles et rénovatrices. 


En effet, l’engagement politique implique de nombreuses formes de militantismes. Ainsi, les combats syndicaux sont aux premières lignes de la défense des forces productives. Notre organisation doit s’associer pleinement au mouvement social et être traversée par les aspirations de notre génération. Le Mouvement des Jeunes Socialistes doit accorder plus de liberté à ses équipes locales car ce sont par elles que le militantisme se construit dans le quotidien, condition d’un militantisme de terrain et d’un ancrage local. 


Le MJS se doit d’être plus présent auprès des jeunes travailleurs, aussi indispensables au redressement national que les étudiants. Il doit aller devant les usines, sur le terrain des salariés populaires, délaissés les deux quinquennats précédents par les services publics et par l'absence de politique industrielle. Dans une situation de chômage endémique, la précarité organise un chantage à l’emploi. Trop souvent, la démocratie s’arrête à la porte de l’entreprise. 


Le MJS, si souvent prompt à défendre l'allocation d'autonomie pour les étudiants, est souvent moins prolixe à s'intéresser aux difficultés des jeunes salariés, qui pourtant sont aussi indispensables au redressement national que les jeunes qui font des études longues. N’oublions pas également les 100 000 jeunes quittant chaque année le système éducatif sans diplôme et souvent sans perspective d’emploi : il est de notre devoir qu’ils ne deviennent pas une génération sacrifiée. 


La classe populaire, terreau historique de la Gauche, ciment de son électorat et pivot des transformations sociales des siècles passés, doit être le terrain privilégié de notre militantisme. Un militant jeune socialiste se doit d’être aussi un militant mutualiste, associatif et syndical. 


Parce que leur engagement sera élargi, les jeunes socialistes seront en premières lignes pour devenir une véritable force d’éducation populaire. Et être une force d’éducation populaire suppose d’orienter tous les efforts sur la formation des militants. Notre militantisme doit en effet être réinterrogé pour occuper une place cohérente avec son ambition de transformation sociale. Les jeunes socialistes peuvent devenir des militants opératifs du progrès. Les militants jeunes socialistes peuvent devenir autant de porte-paroles du progrès. 


Parce que l’éducation populaire s’attaque aux racines du mal, combattre le FN sera notre principale bataille. Or celui-ci s’avance sur de nombreux terrains. Nous devons être en mesure de pouvoir aller sur ces terrains, armés de nos idées, de nos valeurs et notre enthousiasme militant pour contrer cette menace. Ne plus faire son jeu en le regardant d'en haut, en tentant de le démasquer, mais bien en agissant sur le terrain pour bien démontrer que les idées et le programme du FN ne sont pas ceux du citoyen, ultime garant de la République. 


Réunir l'ensemble des jeunesses sous une même bannière, celle de la République, du progrès social et de la promotion de nouveaux droits aux classes populaires. Voilà ce que devrait être l'objectif du Mouvement des Jeunes Socialistes. Cet objectif permettra à notre organisation de rendre plus audibles ses préoccupations et ses combats auprès de nos aînés, en particulier à cette époque où le PS gouverne la nation, tout en étant à l'avant-garde des combats à venir. 


II) Un MJS au cœur de la défense de l’action du Gouvernement et garant de l’avenir de la famille socialiste 


Voici plus d'un an qu’a débutée l’ère du changement. Pourtant, malgré des réussites, la bataille est encore loin d'être gagnée, que ce soit sur le terrain de la lutte contre le chômage ou celui de 

l'opinion. Nous devons prendre part au combat de nos élus dans la lutte qu'ils mènent contre les 

forces du conservatisme et dans la poursuite de leur effort pour que le changement soit durable. 


Si le rôle de la majorité est de réaliser les premiers pas de son programme de transformation sociale, notre rôle est non seulement d’en expliquer les fondements et les enjeux à longs termes, mais également de s'impliquer à notre niveau dans sa concrétisation. 


De plus, et fiers de notre autonomie, nous, jeunes socialistes, avons aussi le devoir d’inventer de 

nouveaux outils. Ces outils nouveaux, ces idées nouvelles, doivent être préparés parce que le MJS, avant-garde de la jeunesse militante, doit être le laboratoire d'expérimentation du progrès. C'est ce que nous revendiquons haut et fort : développer une réflexion et une vision globale de la société de demain pour apporter les réponses aux défis qui s'annoncent. La majorité s’attèle à l’urgence. Nous, jeunes socialistes, devons construire le droit à l’avenir de notre génération. 


Notre plus grande force, c’est d'assurer le soutien au présent, tout en préparant l'avenir. Notre plus grande force c’est de pouvoir dès aujourd'hui esquisser ce que seront les défis du futur à relever. Nous pourrons alors nous présenter, entant que responsables politiques, fiers du bilan de l'actuelle majorité, et revendicatifs sur les nouveaux enjeux de notre société. 


C'est ainsi que le défi de la transition énergétique doit passer par une refonte profonde de son 

approche, englobant les problématiques de la troisième révolution industrielle. C'est ainsi en outre que nous pourrons rappeler à nos aînés que le non-cumul des mandats n'est pas une mesure 

secondaire, mais qu'il est un gage de la rénovation de nos Institutions. C'est également ainsi que nous pourrons exiger de nos élus d'être plus attentifs sur les questions qui touchent les jeunes travailleurs, lycéens ou étudiants. Nous pourrons nous permettre d'être le relai politique des jeunesses car nous auront réussi à les défendre. La rénovation du et par le parti aujourd’hui garantira sa légitimité demain. 


C'est au contact du terrain que nous gagnerons en pertinence. Par exemple, faisant écho au 

sentiment d’insécurité régulièrement exprimé de manière dévoyée, le renforcement et la permanence de la présence des polices sur le terrain est pertinent : au contact des habitants, les services de police intégrés à la vie locale rendront caduque le besoin d’un contrôle d’identité. Lorsque la sécurité privée remplace celle de la République, comme à la sortie des discothèques, ce système engendre les discriminations inhérentes à la logique de rentabilité. 


Toutefois, nous n'oublions aucunement les combats électoraux à venir, que nous devons mener sans faillir aux côtés de nos aînés et de la Gauche. Pour relever le défi du vote sanction, nous nous engagerons dans une lutte sans merci contre les trois ennemis de la démocratie et du progrès social : la peur, la misère et le désespoir qui sont les ferments de l’abstention et de l’extrême droite. 


Le Mouvement des Jeunes Socialistes doit faire campagne pour l'inscription sur les listes électorales avant le 31 décembre 2013. Nous devons commencer bien avant les élections à occuper le terrain politique, des marchés aux portes à portes en passant par les réseaux sociaux. Les citoyens doivent savoir que notre engagement militant n'est pas électoraliste, mais constant et sincère. Ces actions seront un premier pas vers la restauration du lien de confiance entre les citoyens et leurs élus. 


Cette bataille est une bataille projet contre projet. Voter socialiste pour les municipales, c'est déployer le changement intervenu en 2012 au niveau communal ; c'est le pousser jusqu'au premier échelon de notre démocratie. Nous aurons à démontrer notre détermination lors des élections européennes. Seule une majorité de Gauche au Parlement Européen pourra permettre la remise à l’ouvrage de la rénovation des institutions communautaires et continentales. Seule l'Europe libérée de la coupe de la droite libérale pourra enfin devenir ce rempart des acquis sociaux attendu des citoyens. Pourra alors enfin commencer le nouveau chapitre de la construction européenne, après celui de l'Union économique, celui de l'Union sociale et politique. 


Préparer l'avenir en agissant sur le présent, voilà ce qui contribuera à faire du Mouvement des Jeunes Socialistes le fer de lance des combats à mener. Que ces combats la conduisent en campagne électorale ou dans nos engagements quotidiens, notre organisation aura démontré sa capacité à être une force de combat, au militantisme rénové et aguerri dans sa lutte constante contre l'extrême droite et pour la défense des intérêts populaires. 


Ensemble, le Mouvement des Jeunes Socialistes, étant courageusement à l'avant-garde du progrès politique, économique et social, saura établir le cap de la compréhension du réel pour atteindre l'idéal !